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séchage du linge

Sécher le linge en automne sans faire monter l'humidité

Le séchage du linge à l'intérieur est l'une des premières sources de vapeur dans un logement. Pièce, essorage, radiateur et sèche-linge : ce qui protège l'air de la maison.

Sécher le linge en automne sans faire monter l'humidité

Le linge qui mouille l'air de la maison

Un samedi matin d'octobre, le panier déborde, la machine vient de finir son programme et la tentation est grande : étendre tout le linge dans le salon, près de la fenêtre fermée, en attendant que ça sèche. Ce geste est banal, et c'est justement pour cela qu'il pèse lourd. L'ADEME, l'Agence de la transition écologique, classe le séchage du linge à l'air libre comme l'activité la plus émissive d'humidité dans l'air intérieur. Une grande partie de l'eau contenue dans une charge de linge passe donc dans l'air de votre logement, au lieu de partir par une évacuation ou par une fenêtre ouverte. Cette vapeur ne disparaît pas pour autant : elle se dépose sur les parois les plus froides, en général les angles de murs, le dessous des fenêtres et le fond des armoires collées à un mur extérieur. C'est là que naissent les taches noires des moisissures, puis cette odeur de cave qu'on n'arrive plus à chasser malgré le ménage. Le problème n'est pas seulement esthétique, car une humidité persistante dégrade la qualité de l'air que l'on respire, surtout dans une chambre où l'on dort fenêtres fermées. Les conseils de l'ADEME visent donc un objectif simple : garder un air sain et sec tout en continuant à sécher son linge chez soi.

Choisir la pièce où le linge va sécher

La pièce compte plus que le séchoir. L'ADEME recommande de faire sécher le linge dans une pièce de grand volume bien aérée, ou dans une pièce munie d'une bouche d'extraction de VMC, de préférence hygroréglable, c'est-à-dire dont la ventilation s'adapte au taux d'humidité. Une petite salle de bains sans fenêtre, même avec une VMC, reste un mauvais choix : elle est exiguë et reste humide longtemps après la douche. Un séjour de taille correcte, avec une fenêtre qu'on peut entrouvrir et une bouche de VMC, fait un bien meilleur travail. Éloignez le linge des murs extérieurs froids et laissez de l'espace entre les pièces pour que l'air circule entre elles. Un étendoir placé à quelques mètres d'une fenêtre entrouverte sèche plus vite qu'un drap plié sur le dossier d'une chaise collée au mur. Un étendage serré, où les vêtements se touchent, garde l'humidité entre eux et ralentit tout le processus. Si votre VMC n'a qu'une seule vitesse, il vaut mieux la faire tourner pendant tout le séchage, puis encore une heure après la fin.

Le bon emplacement, pièce par pièce

  • Le séjour, avec la fenêtre entrouverte et la porte fermée sur les autres pièces, pour que la vapeur reste dans une seule pièce.
  • Le couloir, à condition qu'une bouche de VMC ou une fenêtre y assure un courant d'air.
  • La chambre, jamais, car on y dort fenêtres closes et l'humidité y reste toute la nuit.

L'essorage fait la moitié du travail

Chaque litre d'eau retiré par l'essorage est un litre qui ne passera pas dans votre salon.

Presque toutes les machines actuelles proposent une option d'essorage à plus haute vitesse, ou un essorage supplémentaire que l'on peut régler. Réservez-la aux serviettes, aux jeans et aux draps en coton, qui gardent le plus d'eau après le cycle. Les pulls en laine et les pièces délicates se traitent autrement, car un essorage trop fort les feutre et les déforme. Un tour supplémentaire apporte souvent plus qu'une heure de séchage sur le radiateur. Posez ensuite les grosses pièces à plat sur une serviette pour les laisser dégorger encore un peu. Certains tordent les draps à la main avant de les étendre, mais le geste abîme les fibres et ne sert à rien si la machine a bien fait son travail. Le linge bien essoré se tient mieux sur l'étendoir, il ne goutte pas sur le parquet, et l'eau ne finit pas dans l'air de la pièce.

Radiateur : plus vite sec, plus lourd pour l'air

Le radiateur est la tentation classique des soirs d'automne, quand le chauffage tourne déjà et que le linge doit être sec pour le lendemain. La chaleur fait réellement sécher les vêtements plus vite, ce qui explique le succès de la méthode. Le problème est que l'eau s'évapore alors d'un coup, et qu'elle part dans la pièce en quelques heures au lieu de se répartir sur une journée. Un radiateur couvert de vêtements humides chauffe aussi moins bien, car le métal ne rayonne plus librement vers la pièce. Vous payez donc deux fois : la chaleur produite ne va pas où elle devrait, et l'humidité reste dans l'air. Il existe un cas où la méthode se défend, celui d'une chemise ou d'un chemisier à repasser le matin, qui ne demande qu'une heure sur un séchoir à radiateur placé dans une pièce aérée ensuite. Pour une charge complète, en revanche, l'étendoir placé près d'une fenêtre entrouverte reste la meilleure option.

Sèche-linge : trois technologies, trois compromis

Si l'étendage ne suffit pas, le sèche-linge reste une option, mais le choix du modèle change tout pour l'air de la maison. Les modèles à évacuation rejettent l'humidité dehors par un conduit, ce qui protège l'intérieur, mais ils exigent une sortie d'air et une fenêtre ou un mur adapté. Les modèles à condensation récupèrent l'eau dans un bac que l'on vide à la main, ce qui les rend plus simples à installer, mais la chaleur de séchage reste dans la pièce. Les modèles à pompe à chaleur fonctionnent sur le principe de la condensation, avec un circuit qui réutilise la chaleur, et ils comptent parmi les plus économes. Leur prix d'achat est plus élevé que celui des autres, et cet écart se justifie surtout dans un foyer qui sèche beaucoup de linge chaque semaine. Lisez l'étiquette énergétique avant d'acheter, puis comparez la capacité réelle du tambour avec votre charge habituelle.

Dans un appartement sans balcon ni cour, la question n'est pas de savoir s'il faut sécher dehors, mais comment limiter la vapeur quand il pleut trois jours de suite. La réponse la plus réaliste combine les deux approches. Pendant la semaine, les pièces lourdes passent au sèche-linge à pompe à chaleur, placé dans une pièce qui se ventile, et les pièces fines sèchent sur un étendoir pliant, rangé derrière une porte. Le week-end, quand le ciel est clair, tout le linge repart dehors ou sur un balcon. Cette organisation demande un peu de discipline, mais elle réduit fortement les jours où toute la maison sent le linge mouillé. Elle évite aussi d'utiliser le sèche-linge pour des serviettes qui sècheraient aussi bien dehors. Ce partage des rôles n'exige aucun matériel nouveau. Il suffit de savoir quel linge va où.

Dehors, quand le ciel le permet

Une journée d'octobre sèche bien dehors, à condition de bien choisir l'heure. Le matin, la rosée humidifie les tissus, et le linge étendu avant 10 heures reste mouillé plus longtemps que prévu. Le milieu de la journée, quand le soleil a déjà réchauffé l'air et que le vent s'est levé, offre les meilleures conditions. Une bonne brise compte autant que le soleil, car elle emporte la vapeur au lieu de la laisser retomber sur les tissus. Évitez simplement les jours de brouillard persistant et les lendemains de pluie fine, où l'air est déjà saturé. Un étendoir pliant posé sur une terrasse ou un balcon abrité suffit à cet usage, sans aucun appareil. Les vêtements sèchent alors en quelques heures, et l'air de la maison reste intact. Rentrez le linge avant la nuit, quand l'humidité de l'air remonte.

Les erreurs qui font remonter l'humidité

  • Fermer la porte de la salle de bains et couper le ventilateur tout de suite après la douche.
  • Le ventilateur de la salle de bains reste souvent à l'arrêt, et la vapeur passe alors dans le couloir.
  • Étendre dans la chambre, puis fermer la porte toute la nuit.
  • Couper la VMC pendant le séchage parce qu'elle fait du bruit.

Aucune de ces habitudes ne semble grave isolément, et c'est ce qui les rend si tenaces. Prises ensemble, elles gardent la maison humide tout l'hiver, parfois sans qu'on sache pourquoi. Un bon réflexe consiste à tester une seule habitude pendant une semaine, puis à regarder les vitres le matin. Si la buée disparaît, vous tenez la cause. Ce test ne coûte rien, contrairement à un traitement contre les moisissures, et il montre ce qui pose réellement problème dans votre logement. Ne changez pas tout d'un coup, sinon vous ne saurez jamais ce qui a fonctionné.

Mesurer plutôt que deviner

Un hygromètre bon marché suffit à savoir si votre logement est trop humide, et il évite de se fier à l'impression qu'on a. La plage de 40 à 60 % d'humidité relative est la référence habituelle pour un intérieur confortable. Au-dessus de cette zone, les risques de condensation et de moisissures augmentent nettement, surtout près des murs froids et dans les coins peu ventilés. Les mesures seules ne disent pas tout : une pièce peut être sèche à un endroit et humide dans l'angle opposé, près du mur nord. Il faut donc aussi regarder les parois, les joints de fenêtre et les coins d'armoire, où la buée et les taches apparaissent en premier. Une maison très étanche, rénovée récemment, peut garder l'humidité plus longtemps qu'une vieille maison qui respire, et l'aération doit alors être plus régulière. Le matin, avant d'ouvrir les volets, regardez les vitres de la chambre : si elles sont couvertes de buée, le linge de la veille est encore là, quelque part dans l'air.